Grèce, austérité, eurobonds, pourquoi Merkel bougera.

Même si personne n’en doutait vraiment, il faut bien faire le constat que l’élection de François Hollande n’a pas fait changer la position de l’Allemagne sur la crise de la monnaie unique. La chancelière Angela Merkel continue d’exiger plus d’austérité, plus de discipline budgétaire, au risque d’étouffer la croissance.

Pourquoi cette intransigeance ?

Dans l’histoire moderne des relations franco-allemandes, les nouveaux “couples” de dirigeants passent toujours par une période d’observation tendue. Chacun se jauge. “Merkollande” ne fait pas exception à la règle. Nous sommes toujours dans la phase d’observation, ou chacun campe sur ses positions et teste celles de son partenaire.

Angela Merkel a intérêt à rester sur une position dure et à lâcher le moins possible pour arriver en position de force au conseil européen des 28 et 29 juin prochains.
Il lui faudra faire des concessions lors de ce rendez-vous crucial pour la zone Euro, elle n’a donc aucun intérêt à en faire avant sans quoi elle affaiblirait sa position.

Enfin il lui faut gérer son opposition socialiste avec en ligne de mire les élections générales de septembre 2013. Les positions du SPD sur la résolution de la crise européennes ne sont pas très éloignées de celles de François Hollande ; suivre François Hollande, c’est donner raison à son opposition, ce qui est difficile pour elle à un peu plus d’un an d’un rendez-vous électoral crucial. D’ailleurs il n’est pas certain qu’il était très adroit de la part du président français de recevoir cette semaine les dirigeants du SPD. En faisant cela il court le risque de figer plus encore les positions de la chancelière.

Ce qui a changé

Mais à mon sens cette posture allemande va évoluer dans les prochains jours. En rencontrant Mario Monti la semaine dernière, Mariano Rajoy quelques jours plus tôt, François Hollande a voulu montrer que le couple franco-allemand n’était pas exclusif et que des accords et des axes politiques pouvaient être trouvés en l’absence de la chancelière. Message reçu à Berlin ou ce rapprochement a été assez mal reçu. Au G20 déjà, François Hollande avait reçu le soutien du Président des Etats-Unis Barack Obama, lui aussi inquiet du manque d’un volet “croissance” dans les plans de relance européens successifs.

Autre élément à même de faire bouger les lignes : la crise empire. En Grèce, en Espagne, au Portugal, les mauvaises nouvelles s’accumulent au point que nous sommes à nouveau à un moment où la faillite de la Grèce et un effondrement de la zone Euro est possible, voire probable. Or depuis 2008, l’Allemagne n’a cessé d’évoluer et de céder au coup par coup, une fois au pied du mur, au point qu’on peut penser que c’est en partie à cause de son conservatisme en la matière que le problème perdure encore aujourd’hui.

Angela Merkel est, je crois, une pragmatique. En aucun cas elle ne laissera l’Allemagne être isolée en Europe et dans le monde. Elle posera des conditions à ses concessions, c’est certain, mais elle devra céder sur les eurobonds, sur une forme de solidarité financière intra-européenne et sur un plan de relance au niveau européen par l’investissement. En espérant qu’il ne soit pas déjà trop tard.

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