Mousquetaires de l’UMP : la fin d’une alliance

Jean-François Copé, Christian Jacob, Valérie Pécresse, Luc Chatel, Bruno Le Maire, François Baroin

SIPA / 20 MINUTES

Au début, en 2007, ils étaient quatre : Jean-François Copé, Bruno Le Maire, François Baroin et Christian Jacob. Puis très vite Valérie Pécresse et Luc Chatel se sont joints au petit groupe. Ces six quadras de la droite, tous issus de la Chiraquie et aujourd’hui figures incontournables de la droite ont été pendant cinq ans ceux qu’on appelait « les mousquetaires ».

Ce groupe informel se réunit une fois par mois depuis 2007 pour, dit-on, préparer l’avenir de la droite et à n’en pas douter les carrières futures des uns et des autres et en particulier celle de l’ambitieux Jean-François Copé. Le succès de ces anciens chiraquiens n’est plus à démontrer puisque dans la dernière partie du quinquennat qui s’achève, ils occupaient les postes clé de la majorité : Copé à l’UMP, Jacob à la présidence du groupe, Baroin à Bercy, Pécresse au Budget. Avec des postes moins sensibles, Chatel à l’éducation et Le Maire à l’agriculture complétaient le tableau.
Mais comme il fallait s’y attendre il arrive un moment où les ambitions des uns et des autres font que cet attelage ne tient plus. Ils sont montés ensemble, désormais, chacun choisit son camp.

L’éparpillement

Des six, c’est bien évidemment Jean-François Copé qui a le mieux tiré son épingle du jeu. A la tête du parti, il est en position de force pour gagner la bataille du leadership qui commence face à François Fillon. Christian Jacob, peut-être le moins ambitieux des six, a sans hésiter endossé le rôle du fidèle parmi les fidèles, celui sur lequel on peut compter quoi qu’il arrive. Luc Chatel, qui lui non plus ne semble pas promis aux plus hautes sphères a également rejoint le secrétaire général de l’UMP sans grande hésitation.

Pour les trois autres, c’est différent. Sur une ligne plus chiraco-gaulliste ils n’hésitent pas depuis quelques jours à mettre en cause la stratégie de l’UMP lors de l’élection présidentielle et des élections législatives. Opposés à la “droitisation” du parti et au “ni-ni” cher à Copé ils se posent aujourd’hui en opposants politiques. Valérie Pécresse, en annonçant hier son ralliement à François Fillon a franchi le rubicond la première. François Baroin et Bruno Le Maire tentent eux de jouer leur carte personnelle et vont certainement être candidats à la présidence de l’UMP, au moins pour un temps et pour prendre date. Mon sentiment est qu’ils n’auront d’autre choix que celui de se rallier à l’un ou à l’autre avant l’automne, et très certainement à François Fillon. Chacun trace aujourd’hui son chemin et à n’en pas douter les choix faits en ce moment par les uns et les autres esquissent les lignes de fracture à droite pour les quinze ans à venir.

Pourquoi Copé est-il le seul à vraiment émerger ?

On a beaucoup raillé l’ambition affichée de Jean-François Copé mais elle lui a permis de ne pas s’enfermer dans le rôle du quadra éternel fidèle mais second couteau, qui finit par devenir un quinqua et n’est finalement jamais en position de se présenter à la seule élection qui l’intéresse vraiment : la présidentielle. A gauche les Valls, Moscovici, Montebourg, Hamon, ont longtemps été dans cette position, et les années dans l’opposition seront dures pour les mousquetaires : se voir vieillir sans pour autant avancer politiquement c’est voir s’éloigner ses chances d’un destin présidentiel. Je crois que Le Maire comme Baroin sont dans ce cas. Finalement n’auraient-ils pas intérêt à ce que le débat s’enlise pour pouvoir se présenter comme arbitres ?
D’autant que derrière, la génération suivante est déjà là :  Laurent Vauquiez (37 ans) et Nathalie Kosciusko-Morizet (39 ans). D’ores et déjà ralliés à François Fillon, ils comptent bien peser à droite dans les années à venir et n’entendent pas faire de la figuration.

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