Scoop : Hollande est un social-démocrate

Sondage du jour : François Hollande et Jean-Marc Ayrault perdent respectivement sept et six points dans le baromètre de confiance publié par le CSA. 51% des sondés font confiance au chef de l’Etat, 49% au chef du gouvernement.
Rien d’exceptionnel puisque tous les couples exécutifs connaissent ce décrochage un jour ou l’autre, mais une particularité : il intervient très peu de temps après l’élection. A titre de comparaison, Nicolas Sarkozy avait décroché en décembre 2007 (suite à l’épisode de Petra) et François Fillon en mai 2008 soit un an après sa prise de fonction.

Haro sur le Hollande

Ils n’y échapperont pas : ce gouvernement et le président de la République vont être très impopulaires.

François Hollande a réussi l’exploit de se faire élire en annonçant des mesures drastiques, sans que les électeurs ne s’en rendent compte (voir à ce sujet mon billet sur le non remplacement des fonctionnaires). Une fois en place, elles s’accumulent et personne n’est satisfait.
Le coup de pouce au SMIC ? Dangereux pour les uns, ridicule pour les autres. Le non remplacement des fonctionnaires partant à la retraite et économies de 7% en un an dans les ministères ? Mesures brutales pour la droite, un vrai scandale pour le Front de Gauche qui menace, excusez du peu, de ne pas voter la confiance au gouvernement de Jean-Marc Ayrault.

Côté presse Libération titre ce matin “Fonctionnaires, Hache comme Hollande”, ou encore “Ayrault lance la ponction publique”, le Point L’Express, le Nouvel Observateur, Marianne, ont tous fait des unes assez critiques ces derniers jours. Tout le monde semble s’étonner et déplorer qu’un président socialiste puisse faire des réformes “dures”, respecter ses engagements de campagne et être à la hauteur des enjeux.

Hollande tout simplement

François Hollande reste fidèle à lui-même et à ses convictions. Les ministres les plus emblématiques de ce gouvernement (Ayrault, Moscovici, Sapin, Valls) sont tous des réformistes, d’aspiration social-démocrate, se sont battus pour que cette ligne gagne au sein du Parti Socialiste depuis plus de quinze ans. Pourquoi, alors qu’ils ont gagné dans leur camp, puis dans le pays, se renieraient-ils aujourd’hui ?

Comme il l’avait annoncé, François Hollande compte bien redresser les finances publiques et réformer l’Etat. Cela semble étonner. A gauche du Parti Socialiste on crie au “social-traître” et à l’UMP on critique la “brutalité” de la méthode. Si je n’en attendais pas moins de Jean-Luc Mélenchon dont la position est tout à fait cohérente, la position de l’UMP m’étonnerait presque. Après avoir critiqué la prétendue inconsistance et la dangerosité du programme du candidat Hollande, notamment en matière de dépenses publiques, l’opposition critique aujourd’hui ce que le candidat Sarkozy appelait de ses vœux : une réduction des déficits par l’impôt mais aussi et surtout par la réduction des dépenses.

Le quinquennat sera dur pour le président de la République et le gouvernement. D’ores et déjà isolés, ils ne pourront compter pour les réformes difficiles ni sur le soutien de l’UMP qui ne leur fera aucun cadeau, ni sur celui du Front de Gauche qui ne veut déjà pas voter la confiance, ni sur celui des syndicats qui ont le sait sont toujours plus durs avec les gouvernements de gauche qu’avec les gouvernements de droite.

Et pourtant, pourtant, il faudra tenir et réformer, car la situation l’exige et c’est ce que les Français attendent, j’en ai la certitude.

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