Proportionnelle : les assemblées qui n’ont pas été élues hier…

Comme après chaque élection législative, le débat sur le mode de scrutin ressurgit. Les partis peu représentés profitent de cette occasion pour rappeler leur attachement au mode de scrutin proportionnel, à leur yeux plus démocratique. Qu’on soit pour ou contre la proportionnelle, force est de constater que l’assemblée sortie des urnes hier soir est très fortement bipolarisée puisque les deux partis majoritaires emportent plus de 520 sièges, soit plus de 90% de la chambre. Cela doit au minimum nous amener à nous poser, à nouveau, cette question.

Il est donc intéressant de regarder ce qu’auraient été les rapports de force si le scrutin s’était déroulé à la proportionnelle. Pour ce faire j’ai construit cinq assemblées nationales fictives : élection à la proportionnelle intégrale, élection avec un seuil de 1%, de 2% et 5%, à partir des résultats du premier tour, et enfin à partir des résultats du premier tour de l’élection présidentielle.

Gauche : 277 sièges
Droite parlementaire : 200 sièges
Extrême droite : 79 sièges

Gauche : 280 sièges
Droite parlementaire : 204  sièges
Extrême droite : 82 sièges

Gauche : 284 sièges
Droite parlementaire : 207 sièges
Extrême droite : 86 sièges

Gauche : 291 sièges
Droite parlementaire : 190 sièges
Extrême droite : 95 sièges

Gauche : 252 sièges
Modem : 53 sièges
Droite parlementaire : 167 sièges
Extrême droite : 103 sièges
Droite + Modem : 220 sièges
PS + EELV + Modem : 231 sièges

 

Méthodologie et limites de la démarche

Avant de discuter ces résultats, il est indispensable de faire un point sur la méthodologie et présenter les limites de ma démarche.

1) Les dénominations utilisées sont celles du ministère de l’intérieur.
2) On peut imaginer qu’en cas de retour à la proportionnelle, les accords d’appareil comme celui signé entre le PS et EELV n’auraient plus de justification, et donc que les résultats d’EELV comme du Nouveau Centre seraient nettement plus bas qu’ils ne le sont. 
3) A l’opposé, la proportionnelle en plus de renforcer les petits partis à nombre de voix égal pourrait favoriser ceux-ci, comme c’est par exemple le cas aux élections européennes. En 2009 le Parti Socialiste et EELV avaient ainsi presque fait jeu égal.
4) La proportionnelle est souvent présentée comme une solution à l’abstention chronique lors des législatives. Si cela est vrai, il est difficile d’anticiper vers quel parti se tourneront les abstentionnistes. 

Quelques constats :

Alors qu’elle est très majoritaire dans l’assemblée effectivement élue hier, la gauche n’obtient une majorité absolue que dans un cas, celui où seuls les partis ayant recueilli plus de 5% des voix obtiennent des sièges. Et même dans ce cas, la majorité est courte puisque le Front de Gauche, le Parti Socialiste et EELV n’obtiennent que 291 sièges à eux trois, soit deux de plus seulement que la majorité absolue de 289.

Dans tous les autres cas, la gauche est minoritaire. Cela ne veut pas dire pour autant que la droite est en mesure de former un gouvernement, puisque dans tous les scénarios il lui faudrait alors s’allier soit avec le Front National, soit avec le Parti Socialiste pour avoir une majorité.

Le pire des cas est finalement le scénario qui pourrait le plus se rapprocher de la réalité en raison des limites de la démarche évoquées plus haut : celui basé sur les résultats du premier tour de l’élection présidentielle. On voit mal dans ce cas quelle coalition pourrait se former pour gouverner le pays. Ni la droite parlementaire, ni la Gauche parlementaire, ni les alliances possibles avec le Modem ne permettent de dégager une majorité : la seule solution à l’équation est une coalition du PS à l’UMP, avec ou sans le Modem et les écologistes.

 

Si l’assemblée élue hier est loin de représenter la diversité politique du pays, force est de constater que les alternatives présentées ici rendent difficile l’émergence d’une majorité. Il faudrait faire le même travail en utilisant la fameuse « dose » de proportionnelle, mais cela me semble être un terrain méthodologiquement glissant, puisqu’une telle modification du mode de scrutin impose un redécoupage de toutes les circonscriptions. Si quelqu’un a une idée géniale pour construire des projections avec 10-15-20% des députés élus à la proportionnelle, qu’il/elle laisse un commentaire, je suis preneur !

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Fillon le versatile, pourquoi il se “droitise” et pourquoi c’est une erreur

Etrange trajectoire que celle de l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy. En mars 2011 pendant la campagne des cantonales il déclarait :

Là où il y a un duel entre le Parti socialiste et le Front national, nous devons d’abord rappeler nos valeurs et nos valeurs ne sont pas celles du Front national. Nous devons appeler nos électeurs à faire le choix de la responsabilité dans la gestion des affaires locales. Tout cela conduit à voter contre le Front national.

Et voilà ce qu’il déclarait avant-hier :

Tous les candidats appellent les électeurs à voter pour eux. C’est le jeu des élections. Ce que Nadine Morano a dit, c’est que certains électeurs FN partagent les valeurs de Nadine Morano et, moi, je partage aussi les valeurs de Nadine Morano.

Bien sûr, François Fillon se défend d’avoir ainsi voulu dire qu’il partageait les valeurs du Front National, ce qui n’est d’ailleurs à mon avis pas le cas, mais l’essentiel n’est pas là.

En vue, la bataille de l’UMP

En allant soutenir Nadine Morano dans la cinquième circonscription de Meurthe-et-Moselle, François Fillon se positionne pour la bataille de l’UMP qui devrait commencer au lendemain du second tour des élections législatives et culminer à l’automne avec l’élection du nouveau président du parti.

Toutes les études montrent que les sympathisants et militants UMP sont majoritairement favorables à un accord politique avec le Front National de Marine le Pen. La frontière entre les électorats de ces deux formations est de plus en plus poreuse et il n’est pas rare d’entendre dans la bouche de militants et sympathisants UMP des propos qui auraient été ceux du FN il y a encore dix ans. Certains parlent de “lepénisation des esprits”, je ne sais pas si le terme est juste mais force est de constater que les idées du parti de Marine le Pen progressent dans la société française, essentiellement à droite mais certainement pas uniquement.

Mon analyse est que François Fillon fait ce constat et qu’il ne veut pas se faire déborder sur sa droite par un Jean-François Copé qui ne cache pas son ambition de poursuivre à l’UMP la stratégie dite “Buisson” qu’a suivie Nicolas Sarkozy pendant la majeure partie de son quinquennat et pendant l’élection présidentielle. L’ancien Premier ministre considère qu’il n’est pas possible aujourd’hui de gagner l’UMP avec une ligne gaulliste-sociale menée par un hybride VGE-Chirac-Séguin. Ce n’est pas, ce n’est plus ce qu’attendent de leur parti les militants et sympathisants de l’UMP.

Courir derrière Copé : une stratégie aléatoire

Seulement voilà, je pense qu’il fait une erreur. Ce n’est pas en courant après Jean-François Copé qu’il gagnera l’UMP. A chaque “niche” politique son leader. A la droite de la droite, c’est Marine Le Pen, incontestablement. Pour la droite-presque-pas-respectable-mais-respectable-quand-même, c’est Jean-François Copé. Il s’est positionné sur cet axe dès 2010 et n’en a pas bougé. Il s’est d’une certaine manière positionné comme le dauphin de Nicolas Sarkozy, avant même sa défaite (ou peut-être l’avait-il anticipée…).

Enfonçons une porte ouverte : l’espace politique de François Fillon n’est pas sur cette ligne. Il y a une force politique qui n’a pas de leader (ou plutôt trop, ce qui revient au même) : le centre-droit, il en est à mes yeux le leader naturel.

Seulement l’émergence d’une véritable force au centre-droit ne peut se faire sans l’implosion de l’UMP qui a complètement phagocyté le centre. Le bon positionnement pour François Fillon, ce n’est pas d’essayer de prendre l’UMP avec une variante de la ligne Copé, mais bel et bien de créer une nouvelle force politique au centre, résolument à droite mais rétablissant le cordon sanitaire avec le Front National qui prévalait jusqu’en 2007. Cela est d’autant plus vrai que l’aventure solitaire de François Bayrou semble avoir vécu, lui-même n’étant pas certain d’être réélu dans sa circonscription des Pyrénées-Atlantiques dimanche. La place est libre, encore faut-il la prendre et avoir le courage de changer de paradigme : il n’est plus possible de rassembler dans un seul mouvement les ex-UDF, démocrates chrétiens, la droite humaniste d’une part, et la « droite populaire » d’autre part.

Un tel positionnement de François Fillon aurait au moins le mérite, salutaire à mes yeux, de prendre à contre-pied la dangereuse trajectoire de l’UMP et de réaffirmer les divergences de valeurs fondamentales entre le Front National et la droite républicaine, il serait grand temps.

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Front de Gauche : mirage ou dynamique ?

Depuis le soir du premier tour de l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon déclare à qui veut l’entendre “détenir les clefs du futur”. Fort de 11,1% des suffrages le 22 avril 2012 il estime que la dynamique qui a porté le Front de Gauche pendant l’élection présidentielle se poursuivra et l’amènera au pouvoir dans la décennie à venir. Il déclarait ainsi place Stalingrad :

En une seule fois, nous sommes parvenus dans le peloton de tête : la prochaine sera celle de la conquête définitive du pouvoir, par les urnes et la démocratie.

Mais existe-t-il réellement une dynamique à la gauche du Parti Socialiste, mettant la formation de Jean-Luc Mélenchon en position de jouer un rôle de premier plan dans les prochaines années ? Pour répondre à cette question je me suis penché sur les résultats électoraux des élections présidentielles et législatives depuis 1981, et rien n’est moins sûr.

Méthodologie : pour évaluer l’importance des forces politiques à la gauche du Parti Socialiste, j’ai additionné les scores du Parti Communiste (ou Front de Gauche) avec ceux des partis d’extrême gauche (LO, LCR, NPA). J’estime que ce regroupement est légitime en raison de la forte porosité qui existe entre les électorats et la proximité idéologique et programmatique perçue par les électeurs.

Le résultat de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle de 2012 n’est pas exceptionnellement haut

Les deux premiers graphiques présentent en pourcentage des suffrages exprimés et en nombre de voix les résultats des partis à la gauche du PS aux élections présidentielles depuis 1981.
Il apparaît que le résultat de l’élection de 2012 n’est pas anormal. L’anomalie dans la série semble plutôt être le résultat de l’élection de 2007. Si la progression en voix est très importante entre 2007 et 2012, elle l’est beaucoup moins quand on compare avec les élections de 1995 et 2002. Si l’on prend les résultats en pourcentage des suffrages exprimés, on constate même un léger recul par rapport à 2002 (12,81% contre 13,81%).
La dynamique revendiquée par Jean-Luc Mélenchon n’est donc que peu perceptible si l’on se base sur ces résultats.

 

Aux législatives non plus, pas de percée

Si l’on regarde les résultats des élections législatives, on constate que depuis 2002 les résultats sont sensiblement les mêmes, avec un trend très légèrement positif : 7,61% – 7,7% – 7,88% et un gain de seulement 126000 électeurs sur la période.

Ces résultats montrent qu’en 2012 la situation est sensiblement la même qu’en 2002. On est loin de la dynamique de l’histoire en route que nous présente Jean-Luc Mélenchon.

 

La vraie nouveauté

La vraie nouveauté de 2012, c’est que Jean-Luc Mélenchon a réussi de rassembler sur son nom cet électorat traditionnellement éparpillé. Comme le montre le graphique ci-dessous, cette configuration est inédite depuis 1981. C’est aussi une renaissance du Parti Communiste qui a enfin trouvé un candidat assez charismatique pour rassembler. On le disait moribond en 2002 quand Robert Hue était arrivé assez nettement derrière Olivier Besancenot et Arlette Laguiller, il renaît aujourd’hui de ses cendres grâce à un candidat venu du Parti Socialiste. Un comble.

La gauche radicale est donc rassemblée, autour d’un leader naturel, et peut s’appuyer sur le puissant appareil et les réseaux du Parti Communiste. Mais cela change-t-il fondamentalement la donne, alors que comme nous l’avons-vu la progression en pourcentage comme en voix est plus que limitée ? Je ne le crois pas.

 

 

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Le Tweet de Valérie Trierweiler : autopsie d’une faute politique

12 juin 2012, 11h56, Valérie Trierweiler, la compagne du nouveau président de la république tweete :

En quelques minutes, le tweet est retweeté, mentionné, commenté par des milliers d’utilisateurs de Twitter, avant d’être repris par toutes les chaînes d’information en continu et par les éditions de 13h des journaux de TF1 et France 2.

En soutenant ainsi l’opposant à l’ancienne compagne de son compagnon, alors même que celle-ci vient de rendre public le soutien de François Hollande à sa candidature, Valérie Trierweiler déclenche une tempête médiatique et réseausocialesque d’une ampleur sans précédent ou presque. La campagne du deuxième tour des élections législatives bascule dans la comédie de boulevard, au détriment des sujets de fond qui ne manquent pas.

Quelles conséquences politiques ?

Depuis dimanche soir, François Hollande et le Parti Socialiste jouaient sur du velours. A part le duel Royal-Falorni qui prenait une petite place dans les médias, c’est surtout les difficultés de la droite à composer avec le Front National qui occupaient le devant de la scène. Difficile justification de la stratégie du ni-ni, désistement de candidats UMP en faveur de candidats FN, déclarations à l’emporte-pièce de Nadine Morano : le news-cycle était a priori favorable au Président de la République. La stratégie était simple : laisser l’UMP s’empêtrer dans ses querelles internes et pointer du doigt systématiquement toute parole ou tout rapprochement (fût-t-il exagéré) avec le FN.

Seulement voilà, de quoi va-t-on parler les trois prochains jours ? De la rivalité réelle ou supposée entre les femmes de la vie de François Hollande. Il est toujours difficile d’évaluer les conséquences électorales de ce type d’affaires, mais mon sentiment est que le Président de la République ressort particulièrement affaibli de la séquence.
Les socialistes, à qui la droite et les Français font souvent un procès en incompétence et en légèreté offrent là une image d’amateurisme absolument délétère. Comment est-il possible de commettre une telle erreur de communication ? Que se passe-t-il vraiment au sommet de l’Etat ?
Le flottement dans la position de l’Elysée depuis hier montre une certaine fébrilité : pris par surprise François Hollande ne sait comment réagir. Il a toujours dit vouloir séparer sa vie publique et sa vie privée et c’est avec cet argument qu’il justifie aujourd’hui son silence. Seulement voilà, Valérie Trierweiler a fait exploser cette frontière hier à 11h56. La réponse de l’Elysée ne peut être qu’un simple contre-feu politique. Le Président de la République n’échappera pas à une campagne de communication personnelle voire intime s’il veut rattraper cette erreur.

Les médias ont-ils tort d’insister ?

Pas entièrement. La vie privée des hommes et femmes politiques doit être protégée, jusqu’au point où des informations sur celles-ci ont une importance dans la lecture du jeu et des choix politiques. La situation de l’élection présidentielle de 2007 où les deux candidats présents au second tour mentaient sur leur situation familiale ne doit pas se reproduire. On sait les conséquences qu’ont eu dans la campagne la séparation de Nicolas Sarkozy d’avec sa femme Cécilia et la séparation du couple Hollande-Royal.
Qu’untel ou untel soit heureux ou malheureux en couple m’indiffère, mais les médias doivent en parler quand cela a des conséquences sur l’état d’esprit et la façon de gouverner de nos dirigeants.

Cela étant dit, les médias doivent aussi faire la part des choses et ne pas oublier quelles doivent être leurs priorités.
En traitant ainsi cette histoire ils cèdent à la facilité. Il est plus simple de convoquer des plateaux d’experts en vie privée de François Hollande que de réunir un panel de sociologues et politologues pour débattre de l’extrême droitisation du pays.
A n’en pas douter le tweet de Valérie Trierweiler prendra encore plus de place aux 20H que la visite de François Fillon en soutien à Nadine Morano (à la une de “minute” aujourd’hui, rappelons-le). Pourtant, fervent avocat il y a un an encore du front républicain pour faire barrage au FN, l’ancien Premier Ministre va soutenir entre les deux tours une de celles qui se rapproche le plus dans ses prises de position du Front National. Cela me semble être une information capitale, qui dit beaucoup de l’état et de la trajectoire de la droite française. Elle sera occultée par l’affaire Trierweiler.

Est-ce vraiment une première ?

En fait pas vraiment, mais on s’en souvient peu. L’absence à l’époque de la caisse de résonnance que sont les réseaux sociaux y est sans doute pour quelque chose.

Au début des années 1980 Danièle Mitterrand avait fait parler d’elle en prenant des positions très controversées sur la politique de Fidel Castro qui avaient eu des conséquences diplomatiques non négligeables à l’époque. Sous la première cohabitation, elle avait également sévérement taclé le gouvernement de Jacques Chirac, sortant ainsi du retrait que s’imposaient jusque là les premières dames en matière de politique intérieure et de politique étrangère.

Rien de nouveau donc, mis à part le fait que nous sommes entrés dans une nouvelle ère de la communication politique : c’était une erreur, c’est aujourd’hui une faute. Et elle est majeure.

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La Rochelle : le dangereux argument du Parti Socialiste

Après les résultats du premier tour de l’élection législative dans la première circonscription de Charente-Maritime, le Parti Socialiste a organisé un véritable pont aérien (ou en l’occurence ferroviaire) entre Paris et la Rochelle. Martine Aubry accompagnée de Cécile Duflot et d’autres illustres socialistes et apparentés sont allés soutenir Ségolène Royal, ont prévu de le faire, ou se sont exprimés pour lui apporter leur soutien.

L’argument utilisé est toujours le même et a été rappelé par Martine Aubry à sa descente du train ce midi : il s’agit de la seule circonscription de France dans laquelle la règle du désistement pour le candidat de gauche arrivé en tête n’a pas été respectée.

C’est vrai. Mais elle oublie un point essentiel : c’est aussi la seule où deux candidats de gauche sont face à face au second tour !

Dire qu’Olivier Falorni doit se retirer, c’est dire qu’il ne doit pas y avoir de second tour. Or cela est parfaitement anti-démocratique : cela signifierait que le député de la première circonscription de Charente-Maritime ne serait choisi que par les électeurs ayant voté pour Ségolène Royal (32,03%) ou Olivier Falorni (28,91%), soit 60,94% des voix.
Il ne s’agissait pas d’une primaire de désignation d’un candidat, mais du premier tour d’une élection. Cet argument ne peut donc pas tenir. Un électeur de droite a parfaitement le droit de préférer Olivier Falorni à Ségolène Royal et ni Martine Aubry, ni personne d’autre n’a la légitimité de lui dire que non, ce doit être Ségolène Royal.

En réalité, je ne peux croire que les responsables du Parti Socialiste croient eux-même à leur argumentaire. Il ne s’agit que d’une posture pour justifier l’arbitraire d’un soutien (qu’on peut d’ailleurs considérer comme légitime) à une candidature, justifié par le besoin (légitime lui aussi) de recaser une figure nationale socialiste difficile à placer.

Ségolène Royal est au moins autant responsable qu’Olivier Falorni du désastre médiatique qu’est en train de devenir cette affaire : un parachutage brutal sans consultation des militants (cas unique), le sentiment donné que tout était gagné d’avance au point de s’autodésigner Présidente de l’Assemblée Nationale, et d’une manière générale un mépris envers Falorni.

Et tout ça, ne l’oublions pas, dans une circonscription sans enjeu, imperdable pour la gauche au point que deux socialistes s’affrontent au second tour. Un beau gâchis en somme, dû à une querelle d’égos entre un candidat qui ne sait pas jouer collectif et une candidate incapable de mettre les formes dans son parachutage.

PS : Je tiens à préciser que je considère que le tweet de Valérie Trierweiler est une erreur politique majeure, peut-être même une faute qui coûtera à n’en pas douter cher à François Hollande et au gouvernement, cela fera l’objet d’un autre billet.

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